đ° Combien vous coĂ»te l'organisation de votre temps de travail ?
#78 â Des choix juridiques aux consĂ©quences financiĂšres ignorĂ©es
Au programme de cette édition :
đ¶ Forfait jours vs 39h : pourquoi ce choix organisationnel coĂ»te plus cher Ă l'entreprise... et rapporte moins au salariĂ©
đ RGDU, exonĂ©rations, fiscalitĂ© des heures supplĂ©mentaires : le dĂ©tail chiffrĂ© de ce qui bascule quand vous changez de mode de dĂ©compte
đ° DurĂ©e du travail Ă l'embauche : la dĂ©cision par dĂ©faut qui plombe votre masse salariale sans que personne ne s'en aperçoive
â±ïž Temps de lecture : 13 minutes.
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Avant de démarrer, je vous partage une ressource pour vérifier si votre annualisation dérape sans que vous le voyiez. Elle est proposée par Staff & Go, sponsor de cette édition.
Annualisation : pourquoi ça dĂ©rape mĂȘme quand on pense avoir bien cadrĂ© ?
Lâannualisation est lâun des dispositifs RH les plus exposĂ©s aux erreurs de pilotage : compteurs non mis Ă jour, pĂ©riodes hautes jamais compensĂ©es, heures excĂ©dentaires ignorĂ©es jusquâĂ la clĂŽture.
Les approximations sâaccumulent sans quâon sâen rende compte.
Le problĂšme, câest que les consĂ©quences, elles, ne passent pas inaperçues. Rappels de salaire, heures supplĂ©mentaires majorĂ©es Ă rĂ©gulariser, redressement URSSAF : un dĂ©faut de traçabilitĂ© peut vite ĂȘtre assimilĂ© Ă de la dissimulation dâheures.
Pour Ă©viter dâen arriver lĂ , trois rĂ©flexes suffisent :
Suivre les écarts entre prévisionnel et réel chaque semaine,
Former les managers aux seuils de dépassement,
Sâappuyer sur un outil qui anticipe les dĂ©rives avant la fin de pĂ©riode.
Câest exactement lâobjectif du simulateur gratuit de Staff & Go : paramĂ©trez votre contrat, intĂ©grez congĂ©s et absences, et visualisez en temps rĂ©el oĂč vous en ĂȘtes avant que ça coĂ»te cher.
Pour accĂ©der au simulateur câest par đ ici.
Bonjour Ă toutes et Ă tous !
Bienvenue aux lecteurs qui nous ont rejoints depuis la derniÚre édition.
Si je vous parle dâorganisation du temps de travail, quâest-ce que cela vous Ă©voque ?
Accord dâamĂ©nagement du temps de travail, forfait jours, forfait heures, annualisation⊠? La liste est loin dâĂȘtre exhaustive. La bonne nouvelle ? Câest que les modalitĂ©s dâorganisation du temps de travail sont aujourdâhui trĂšs nombreuses : on laisse aux partenaires sociaux de lâentreprise (direction et dĂ©lĂ©guĂ©s syndicaux, voire membres Ă©lus du CSE dans certains cas), la capacitĂ© de mettre en Ćuvre des rĂšgles qui collent au plus prĂšs des besoins du terrain.
Cependant, un Ă©lĂ©ment est souvent laissĂ© de cĂŽtĂ© lorsque lâon sâintĂ©resse au sujet : lâincidence de ce choix sur les finances de lâentreprise et plus particuliĂšrement sur le coĂ»t de la masse salariale.
En effet, on ne le mesure pas toujours mais ce choix va jouer Ă deux niveaux :
Combien lâentreprise va dĂ©penser pour un mĂȘme salaire brut ? On touche ici au calcul des contributions patronales
Combien lâentreprise va dĂ©penser pour un mĂȘme salaire net dâimpĂŽt ? On touche, dans ce dernier cas, Ă lâincidence du mode dâorganisation du temps de travail sur le calcul du net salariĂ©
Dans cet article, je vous propose de voir, au travers de deux cas pratiques, comment vos arbitrages juridiques et RH peuvent influencer massivement le coĂ»t et lâattractivitĂ© de votre politique salariale.
Entrons sans plus attendre dans le vif du sujet.
đ° Combien vous coĂ»te lâorganisation de votre temps de travail ?
En France, le recours au forfait jours est utilisĂ© pour dĂ©compter le temps de travail de prĂšs dâun salariĂ© cadre sur deux. Câest dâailleurs presque devenu le choix par dĂ©faut dans bon nombre dâentreprises. Toutefois, on ne mesure pas toujours lâincidence de ce choix, comparativement Ă dâautres modes dâorganisation du temps de travail. Ă tort, comme je vous le montrerai dans mon premier cas pratique.
Mais tous les salariĂ©s ne sont pas concernĂ©s par le forfait jours ! Au pays des 35 heures, beaucoup de salariĂ©s voient leurs horaires dĂ©comptĂ©s sur cette base. Ce nâest pourtant pas une obligation. Dans un second cas pratique, je vous montrerai lâintĂ©rĂȘt dâinterroger le choix de votre durĂ©e du travail.
Cas n°1 : quand le forfait jours coĂ»te cher Ă lâentreprise
Dans le cadre de mes fonctions, jâai accompagnĂ© une entreprise dans une rĂ©flexion sur lâamĂ©nagement de son temps de travail. Lâentreprise employait exclusivement des cadres, avec deux profils bien distincts : certains relativement juniors et peu autonomes dans leurs fonctions, dâautres avec une forte sĂ©nioritĂ© et une grande autonomie dans lâorganisation de leur emploi du temps.
Logiquement, lâentreprise avait choisi de dĂ©compter le temps de travail des salariĂ©s sĂ©niors en forfait jours (ce que permettait la convention collective applicable) quand les autres cadres restaient sur un dĂ©compte horaire hebdomadaire de 39 heures.
Le problĂšme : les cadres au forfait jours bĂ©nĂ©ficiaient de 9 Ă 10 jours non travaillĂ©s de plus que leurs collĂšgues Ă lâhoraire. RĂ©sultat, une insatisfaction grandissante et le sentiment que certaines catĂ©gories Ă©taient nettement mieux loties que dâautres en matiĂšre de congĂ©s.
Lâentreprise a alors envisagĂ© de mettre en place un accord collectif dĂ©rogeant Ă lâaccord de branche, pour ouvrir le forfait jours aux cadres Ă lâhoraire et leur octroyer, de facto, les 9 Ă 10 JNT rĂ©clamĂ©s. Juridiquement, lâopĂ©ration restait contestable : ces cadres ne disposaient pas tous de lâautonomie exigĂ©e par les textes.
Mais en mettant cet aspect de cĂŽtĂ©, cette bascule allait surtout entraĂźner deux consĂ©quences financiĂšres coĂ»teuses pour lâentreprise, que je vous dĂ©taille ci-dessous, en actualisant les paramĂštres avec les rĂšgles 2026.
1 - Lâincidence insoupçonnĂ©e sur le coĂ»t des contributions patronales
Pour bien comprendre le sujet, je vais prendre lâexemple dâun salariĂ© cadre, rĂ©munĂ©rĂ© 4 000 euros brut par mois. JusquâĂ prĂ©sent, ce salariĂ© touchait un salaire net dâimpĂŽt de 2 984 ⏠(cĂ©libataire sans enfant) pour un coĂ»t entreprise de 5 662 âŹ, selon le dĂ©tail que je vous partage dans lâinfographie ci-dessous.
Avant dâenvisager un passage au forfait jours, jâai simulĂ© ce que cela coĂ»terait Ă lâentreprise en faisant le calcul que je vous dĂ©taille dans lâinfographie suivante :
Comme vous le constatez, le coĂ»t entreprise varie nĂ©gativement si je passe dâun dĂ©compte horaire Ă un forfait jours et ce, principalement pour deux raisons :
La premiĂšre tient au fait que lâassiette de calcul de la RGDU est impactĂ©e par le choix du dispositif de dĂ©compte du temps de travail. Pour rappel, le coefficient de la RGDU se calcule de la maniĂšre suivante :
Coefficient = Tmin + (Tdelta x ((1/2 x (3 x ((SMIC au 01/01/2026 calculĂ© pour un an + (SMIC horaire x nombre dâheures supplĂ©mentaires ou complĂ©mentaires)) / salaire annuel forfaitaire) - 1))^P)
Avec les paramĂštres suivants :
Tmin = 2%
Tdelta = 0,3773 (pour les entreprises de moins de 50 salariĂ©s) ou 0,3813 (pour les entreprises dâau moins 50 salariĂ©s)
P = 1,75
Comme vous le constatez, le nombre dâheures supplĂ©mentaires a une incidence directe sur le coefficient : pour un mĂȘme salaire brut, plus le nombre dâheures supplĂ©mentaires sera Ă©levĂ©, plus le coefficient le sera Ă©galement et plus la rĂ©duction patronale sera importante.
Or, dans le cadre dâun forfait jours, aucune heure supplĂ©mentaire nâest due, on applique donc la mĂȘme formule que pour un salariĂ© travaillant 35 heures par semaine. Dans notre cas, le diffĂ©rentiel, en 2026, est de 804 ⏠annuel.
La seconde, plus modeste, tient au fait que lâon bĂ©nĂ©ficie dâune rĂ©duction patronale forfaitaire sur les heures supplĂ©mentaires. Pour une entreprise de moins de 20 salariĂ©s, cela reprĂ©sente 1,50 euro par heure supplĂ©mentaire. Pour les entreprises de 20 salariĂ©s et plus, cette exonĂ©ration forfaitaire tombe Ă 0,50 euro par heure supplĂ©mentaire. Dans notre exemple, lâĂ©cart annuel liĂ© Ă cette rĂšgle est de 104 euros (50 centimes par heure x 4 par semaine x 52 semaines par an).
Mais lâimpact ne sâarrĂȘte pas lĂ .
2 - Plus de jours non travaillés pour moins de salaire net
Jâentends souvent dire que la fiscalitĂ© nâest pas lâaffaire des RH. Je pense tout Ă fait le contraire. Et cet exemple lâillustre Ă merveille. En prĂ©voyant de passer le salariĂ© dâun dĂ©compte horaire Ă un forfait jours, ce dernier allait perdre un pouvoir dâachat consĂ©quent.
Combien précisément ?
Je vous le dĂ©taille dans lâinfographie ci-dessous.
2 004 ⏠câest le montant annuel, en net dâimpĂŽt, que le salariĂ© allait perdre du fait de ce passage en forfait jours. Deux raisons principales expliquent cet Ă©cart :
La perte des exonĂ©rations sociales sur les heures supplĂ©mentaires : lorsque lâon touche des heures supplĂ©mentaires, on bĂ©nĂ©ficie dâexonĂ©rations de cotisations salariales.
Pour simplifier, un salariĂ© paie normalement 21 % de cotisations salariales (hors cotisations mutuelle et prĂ©voyance) rĂ©parties entre 9,7 % de CSG/CRDS et environ 11 % de cotisations retraite (le taux varie lĂ©gĂšrement en fonction du niveau de salaire - notamment si le salariĂ© gagne plus ou moins que le plafond de sĂ©curitĂ© sociale, soit 4 005 euros par mois en 2026). Or, sur une heure supplĂ©mentaire, les cotisations retraite ne sont pas dues, ce qui rĂ©duit dâenviron de moitiĂ© le coĂ»t des cotisations sociales salariales. Avec 4 heures supplĂ©mentaires par semaine, le salariĂ© Ă©conomise donc 672 ⏠par an dâexonĂ©rations sociales par rapport au mĂȘme salaire perçu dans le cadre dâun forfait jours.
La perte de lâexonĂ©ration fiscale sur les heures supplĂ©mentaires : un autre avantage des heures supplĂ©mentaires, câest lâexonĂ©ration dâimpĂŽt sur le revenu qui y est associĂ©. ConcrĂštement, dans la limite de 7 500 euros dâheures supplĂ©mentaires par an, aucun impĂŽt sur le revenu nâest dĂ». Dans lâexemple de notre salariĂ©, il Ă©conomise 1 332 ⏠grĂące Ă ce dĂ©compte sur une base 39 heures, par rapport Ă un dĂ©compte en forfait jours.
Vous voyez donc le problĂšme qui allait se poser : en passant en forfait jours, le salariĂ© allait, certes, obtenir deux semaines de jours off par an mais perdre, au passage, 2 004 ⏠de pouvoir dâachat soit plus de 5 % de sa rĂ©munĂ©ration annuelle.
Socialement, je ne suis pas sĂ»r que la pilule serait bien passĂ©e car les salariĂ©s nâavaient pas conscience de ce point. Pour conserver le mĂȘme niveau de salaire net dâimpĂŽt, il aurait fallu augmenter le brut dâenviron 300 ⏠par mois, soit un coĂ»t entreprise de prĂšs de 450 ⏠par mois, soit 5 400 ⏠par an !
En y ajoutant la perte d'exonĂ©ration patronale, l'addition allait ĂȘtre trĂšs salĂ©e. Dâautant quâil fallait multiplier ce coĂ»t par la vingtaine de salariĂ©s concernĂ©sâŠ
Ayant anticipĂ© ces Ă©lĂ©ments, nous avons abandonnĂ© le projet. Cela permettait de rester carrĂ© au plan juridique et de ne pas perdre dâargent.
Finalement, nous avons optĂ© pour une annualisation : les salariĂ©s ont vu leur horaire hebdomadaire moyen portĂ© Ă 40,5 heures, compensĂ© partiellement par 10 jours de RTT. Pas de coĂ»t en plus, pas de perte de pouvoir dâachat. Mais des jours off en plus. Tout le monde Ă©tait content !
MoralitĂ© : avant dâopter pour un mode dâorganisation du temps de travail, il est utile dâen mesurer les consĂ©quences financiĂšres, tant pour lâentreprise que pour les salariĂ©s !
Cas n°2 : lâintĂ©rĂȘt des heures supplĂ©mentaires structurelles
Il y a quelques annĂ©es, jâai accompagnĂ© la crĂ©ation dâune entreprise. TrĂšs vite, il a fallu embaucher. Sâest alors posĂ©e la question de la durĂ©e du travail qui serait applicable Ă lâentreprise.
Les dirigeants souhaitaient que lâensemble des salariĂ©s disposent du mĂȘme mode de dĂ©compte du temps de travail. Nous allions embaucher quasi exclusivement des profils cadres. Mais tous ne rĂ©pondraient pas aux critĂšres permettant dâappliquer le forfait jours.
La tentation était de faire trÚs simple : appliquer un décompte hebdomadaire, base 35 heures.
TrĂšs franchement, je nây Ă©tais pas favorable car nous savions que les salariĂ©s allaient travailler davantage - autour de 39 / 40 heures par semaine. Nous avons alors optĂ© pour une durĂ©e de travail de 39 heures par semaine, payĂ©es. En complĂ©ment, une semaine de congĂ©s payĂ©s supplĂ©mentaire a Ă©tĂ© mise en place pour compenser lâabsence de RTT.
Au-delĂ de la cohĂ©rence entre ce que les dirigeants souhaitaient et la rĂ©alitĂ© quotidienne de la charge de travail, ce choix Ă©tait Ă©galement gagnant pour lâentreprise.
Je vais tĂącher de vous expliquer pourquoi, en actualisant les paramĂštres tels quâils sont applicables en 2026 :
1ïžâŁ CoĂ»t entreprise dâun salaire brut mensuel de 3 500 euros pour 35 h : en juillet 2026, si je dĂ©cide de rĂ©munĂ©rer un salariĂ© Ă hauteur de 3 500 euros par mois, dans une PME, cela me coĂ»tera environ 4 950 ⏠par mois (ce montant varie quelque peu en fonction de la mutuelle, de la prĂ©voyance, de la localisation gĂ©ographique de lâentreprise et du taux dâaccident du travail).
Cependant, ce coĂ»t ne sera pas identique si jâopte pour un salaire brut identique pour un horaire de 39 heures par semaine.
2ïžâŁ CoĂ»t entreprise dâun salaire brut mensuel de 3 500 euros pour 39 h : en ne modifiant que le paramĂštre du nombre dâheures hebdomadaires, le coĂ»t employeur mensuel tombe Ă prĂšs de 4 850 âŹ. Presque 100 ⏠dâĂ©cart par mois et par salariĂ©.
Pour quelle raison ?
Les mĂȘmes Ă©lĂ©ments que ceux exposĂ©s dans le cas pratique n°1 viennent sâappliquer au cas prĂ©sent : lâentreprise bĂ©nĂ©ficie dâune rĂ©duction gĂ©nĂ©rale dĂ©gressive unique plus importante car plus dâheures de travail sont effectuĂ©es. Par ailleurs, lâentreprise bĂ©nĂ©ficie Ă©galement dâune dĂ©duction forfaitaire de 0,50 euro par heure supplĂ©mentaire.
Certains dâentre vous pourront objecter quâun Ă©lĂ©ment cloche dans mon raisonnement : pourquoi devrait on payer Ă lâidentique un salariĂ© qui travaille 4 heures de plus ?
En rĂ©alitĂ©, le problĂšme ne se pose pas dans ces termes : lors dâune crĂ©ation dâentreprise, on ne se pose pas nĂ©cessairement la question de la "bonne" durĂ©e du travail (alors quâon devrait). ConsĂ©quence : beaucoup de chefs dâentreprise choisissent un horaire de travail et un mode dâorganisation du temps de travail par dĂ©faut. Et croyez-le ou non, ce choix peut ĂȘtre fait, indĂ©pendamment du salaire brut quâils souhaitent y consacrer.
Ainsi, certaines entreprises rĂ©munĂšrent sur une base 35 heures quand bien mĂȘme la rĂ©alitĂ© nâest pas celle-ci. Des heures supplĂ©mentaires sont en rĂ©alitĂ© duesâŠ
Or, on le voit bien, prendre le temps de bien Ă©valuer la bonne durĂ©e du travail permet de sĂ©curiser juridiquement lâentreprise et de lui faire Ă©conomiser des contributions patronales.
đš Attention toutefois Ă bien respecter les minimas conventionnels sur la base de lâhoraire ainsi choisi et Ă ne pas dĂ©passer le contingent annuel dâheures supplĂ©mentaires. Dans le cas contraire, les calculs que je viens de faire ne tiendraient certainement pas !
3ïžâŁ Extrapolation de lâĂ©conomie sur 50 salariĂ©s / an : analysons maintenant lâincidence financiĂšre pour lâentreprise, dâun point de vue plus macro. Pour effectuer un calcul prĂ©cis, il faudrait raisonner par le biais dâune comparaison, salariĂ© par salariĂ©. Toutefois, pour donner un ordre de grandeur, je vais raisonner sur la base dâune moyenne de 3 500 euros.
Pour 50 salariĂ©s, lâĂ©cart entre le choix "35 heures" et "39 heures", Ă salaire brut identique, reprĂ©sente un diffĂ©rentiel dâenviron 1 200 euros par an, par salariĂ©, soit prĂšs de 60 000 euros sur une annĂ©e. Pour une PME, câest absolument considĂ©rable !
Conclusion
Les deux cas que je viens de vous exposer sont tirés de situations réelles. Ils montrent une chose : les choix organisationnels ne sont jamais neutres. Ils ont des conséquences trÚs concrÚtes, à la fois sur le coût entreprise et sur le gain salarié.
Ces sujets doivent donc ĂȘtre anticipĂ©s et Ă©valuĂ©s avant de figer un mode dâorganisation du temps de travail. Câest un point central â et ce, mĂȘme si la rĂ©glementation est amenĂ©e Ă Ă©voluer.
Pourtant, dans les faits, ce sujet reste largement ignorĂ©. RĂ©sultat : la direction nâa bien souvent aucune idĂ©e de ce que lui coĂ»te rĂ©ellement tel choix par rapport Ă tel autre.
Je ne jette la pierre Ă personne. Ce sujet ne rentre dans le cĆur de mĂ©tier de personne en particulier :
Pour la DAF, câest un sujet de droit social et de paie â pas forcĂ©ment son terrain naturel
Pour la DRH, câest plutĂŽt un sujet financier, sur lequel elle nâest pas toujours armĂ©e
CĂŽtĂ© paie, les responsables sont rarement consultĂ©s en amont : on leur demande dâexĂ©cuter, davantage que de conseiller sur les consĂ©quences dâun choix organisationnel
RĂ©sultat : ce sujet reste un angle mort. Et un angle mort, ça finit toujours par coĂ»ter cher. Câest prĂ©cisĂ©ment pour ça que je voulais le mettre en lumiĂšre dans cette Ă©dition.
Et si un changement d'organisation du temps de travail est à l'étude chez vous, c'est exactement ce type de projection (coût entreprise, gain salarié, point d'équilibre) que je peux vous aider à construire avant de trancher.
Merci dâavoir lu cette Ă©dition. Je suis toujours preneur de vos retours ! Si vous avez 2 minutes, nâhĂ©sitez pas Ă rĂ©pondre Ă cette question et Ă me laisser un commentaire pour me dire ce qui vous a intĂ©ressĂ© et ce qui vous a moins plu. Cela mâaidera Ă amĂ©liorer le contenu et Ă continuer. Merci ! đ
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Vincent đ
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